Une nouvelle génération plus lourde : le fait à regarder en premier
Salomon annonce 258 g pour la S/Lab Genesis et 272 g pour la Genesis 2. La nouvelle génération prend donc 14 g, soit 5 % du poids de la chaussure. Sur un modèle de compétition, où l'allègement est d'ordinaire l'argument de renouvellement, c'est suffisamment rare pour être le premier chiffre à connaître.
Salomon ne commente pas ce gain de masse, et nous ne lui prêterons pas d'explication qu'il ne donne pas. Ce qu'on peut faire, en revanche, c'est regarder où la matière a pu partir : la semelle intermédiaire associe désormais deux mousses au lieu d'une, et la géométrie de crampons a été redessinée pour augmenter la surface au contact du sol. Deux évolutions qui ajoutent de la matière plutôt qu'elles n'en retirent.
Une chaussure plus basse, et un drop qui change
La seconde surprise est géométrique. La première Genesis annonce 34 mm au talon et 26 mm à l'avant-pied ; la 2 descend à 31 et 25 mm. Le talon perd donc 3 mm, l'avant-pied un seul, et c'est cette asymétrie qui fait passer le drop de 8 à 6 mm.
En pratique, cela signifie que la Genesis 2 n'est pas une version mieux amortie de la précédente : elle rapproche le pied du sol, surtout à l'arrière. Le vocabulaire de Salomon va dans le même sens, puisque la marque décrit l'amorti de la première comme ultra-douillet et celui de la 2 comme douillet et protecteur. Nous nous arrêtons à ce constat de géométrie. Affirmer ce que ces trois millimètres changent sur la foulée, la fatigue ou la stabilité demanderait des mesures que personne n'a publiées à ce jour, et nous n'avons pas couru avec ces chaussures.
Un point est en revanche concret pour qui possède déjà la première : passer à la 2 signifie changer de drop. C'est une adaptation, pas un détail, et elle joue contre le renouvellement pour un coureur habitué aux 8 mm.
Ce que la Genesis 2 apporte réellement
Trois évolutions, et elles sont réelles. La semelle intermédiaire associe une optiFOAM² à de l'optiFOAM, là où la première s'en tenait à une seule mousse. Salomon présente cette double densité comme un gain de dynamisme ; c'est une annonce constructeur, pas un résultat de test, et aucune mesure indépendante ne permet encore de la vérifier.
La tige passe du Matryx au Micro Matryx. Les deux reposent sur le même principe, que Salomon décrit comme un textile résistant à l'abrasion tissé avec des fils de Kevlar à revêtement individuel, censés le garder léger et respirant. Ce que la déclinaison Micro change concrètement, en revanche, la marque ne le documente ni en poids ni en résistance, et nous ne l'inventerons pas.
Le troisième point est le seul que la marque chiffre : à hauteur de crampons identique, 4,5 mm des deux côtés, la nouvelle géométrie augmente la surface de contact de 23 %. C'est l'évolution la plus tangible de cette génération, et elle porte sur l'accroche, pas sur le poids. Attention toutefois à ce que ce chiffre dit : une surface de contact accrue, pas une gomme différente. Les deux modèles partagent la même All-Terrain contaGRIP.
Ce qui ne change pas, et c’est beaucoup
Il est aussi utile de lister ce que la Genesis 2 conserve, parce qu'un élément reconduit n'est pas une amélioration. La hauteur de crampons reste à 4,5 mm et la semelle extérieure reste la All-Terrain contaGRIP. Le pare-pierres, la guêtre intégrée, le film profeelFILM et le laçage quickLACE sont présents sur les deux, de même que les fils Kevlar de la tige. Le chaussant est de largeur standard des deux côtés, la protection du pied est annoncée élevée sur les deux, et surtout Salomon leur attribue le MÊME terrain — rocailleux, technique, mixte — et le même usage, l'ultra-trail. Le constructeur ne les sépare donc pas par la destination.
Autrement dit, tout l'équipement qui fait l'identité S/Lab sur terrain technique est déjà sur la première Genesis. Un coureur qui la possède ne gagnera, en changeant, ni protection ni système de laçage ni filtration du sol.
Faut-il passer de la S/Lab Genesis à la Genesis 2 ?
Non, si votre paire actuelle est encore en état. Vous changeriez pour une chaussure plus lourde, plus basse et de drop différent, en conservant exactement le même équipement de protection. Le seul gain certain porte sur la surface de contact.
Oui, si vous rachetez de toute façon et que les prix se sont rapprochés, ou si vous cherchez précisément ce que la 2 apporte : une mousse à double densité et davantage de gomme au sol. Le passage de 8 à 6 mm de drop doit alors être un choix, pas une découverte.
Ça dépend, enfin, si vous hésitez sur le neuf : la première génération est en fin de commercialisation et décote, quand la 2 se vend au tarif de lancement. Le tableau plus haut affiche l'écart du jour, la remise en cours et le plus bas relevé sur 90 jours. À écart marqué, la première Genesis est un très bon achat, et pas un lot de consolation : elle est plus légère, plus haute au talon, et aussi bien équipée.
D'où viennent ces chiffres
Les poids, le drop, les hauteurs de semelle, la hauteur et la géométrie des crampons, les mousses, la tige, le châssis et les éléments de protection proviennent des fiches techniques Salomon des deux modèles, transmises en interne. Les 23 % de surface de contact sont une annonce du constructeur, que rien ne permet aujourd'hui de recouper de façon indépendante.
Aucun test long terme n'existe sur la Genesis 2, sortie le 1er août 2026. La durabilité de sa double mousse et la tenue du Micro Matryx restent à vérifier. MatosTrail compare les prix et recoupe les données publiées : le ressenti de course appartient aux testeurs qui ont couru avec ces chaussures.

