Un cas rare : le poids affiché ne change pas
La Xodus Ultra est le modèle max cushion pensé pour l'ultra-distance chez Saucony, et la comparaison entre la 3 et la 4 met en évidence un cas assez rare dans cette gamme de comparatifs : le poids affiché est le même, 309 g pour les deux générations. Saucony publie ce chiffre pour la 4 sans pointure de référence, donc l'égalité se lit à quelques grammes près. Le drop ne bouge pas non plus, fixé à 6 mm sur les deux versions. Sur le poids et le drop, rien ne sépare les deux chaussures.
Pour un modèle destiné aux longues sorties où l'amorti et la stabilité comptent plus que la légèreté pure, ce statu quo n'est pas forcément un défaut : cela veut dire que Saucony a jugé la formule de la 3 suffisamment aboutie pour ne pas la retoucher sur ces deux paramètres clés, et a probablement concentré les évolutions ailleurs (matériaux de semelle, tige, durabilité), des points qui ne remontent pas dans les caractéristiques chiffrées mais qui justifient malgré tout une nouvelle génération.
Ce que Saucony annonce sous le pied de la 4
Pour la 4, Saucony publie 36 mm de semelle au talon et 30 mm à l'avant-pied. C'est une semelle épaisse, qui filtre les cailloux et encaisse les heures de descente. En contrepartie, on sent moins le sol et le pied est perché, ce qui demande plus de vigilance dans les dévers.
Les crampons font 4 mm. C'est une hauteur polyvalente, à l'aise sur les sentiers secs et les chemins de terre, moins mordante qu'une semelle de boue. La marque destine la chaussure aux longues distances, ce qui colle avec ce profil.
Ces cotes ne sont publiées que pour la 4 dans les données dont on dispose. Elles décrivent la chaussure que vous achetez aujourd'hui, pas un écart avec la 3.
L'argument prix : la 4 coûte plus cher, sans gain de poids
C'est là que la décision se joue vraiment. Le prix public grimpe de 160 € à 170 €. Lors de la rédaction, le meilleur prix constaté suivait la même tendance, avec quelques euros d'écart. Contrairement à d'autres paires de générations où la nouvelle version apporte un gain de poids ou de technologie qui justifie le surcoût, ici l'argument technique manque : à drop et poids identiques, payer plus cher pour la 4 se justifie surtout par la disponibilité, pas par la performance.
Lors de la rédaction, la Xodus Ultra 4 était vendue chez bien plus de marchands que la 3, ce qui augmente nettement les chances de trouver sa pointure exacte. C'est un argument réel pour un modèle de niche comme celui-ci, où l'ultra-distance concentre une clientèle plus restreinte que les chaussures polyvalentes.
Ce qu'il faut retenir avant d'acheter
Si vous avez déjà couru en Xodus Ultra 3 et que votre pointure est disponible chez l'un des rares marchands qui la vendent encore, il n'y a pas de raison technique de payer plus cher pour la 4 : le poids et le drop sont identiques. La 4 se justifie uniquement si vous ne trouvez pas votre taille sur la 3, ou si vous préférez repartir sur la génération la plus récente par principe.
Sur une chaussure de ce segment, destinée à des sorties de plusieurs heures voire de plusieurs dizaines d'heures pour les ultra-traileurs, le confort à l'usage et la durabilité de la semelle comptent souvent plus que les quelques euros d'écart entre générations. Si vous hésitez, comparer les avis des coureurs ayant déjà testé la 4 sur la durabilité de l'accroche peut être plus utile que de se fier aux seules données chiffrées, identiques entre les deux versions.

