Le Salomon EcoTrail Paris Automne propose sa première édition le samedi 17 octobre 2026, avec trois distances au départ de l'Île-de-France : 80 km depuis l'Île de Loisirs de Cergy, 50 km depuis Saint-Germain-en-Laye, et 20 km depuis la base de loisirs / Haras de Jardy. Que vous visiez le format long ou une première distance intermédiaire, la préparation se construit sur des repères simples : le profil du parcours, le calendrier disponible d'ici la course, et le contexte francilien dans lequel vous allez vous entraîner.
Cet article pose les grandes lignes d'un plan d'entraînement réaliste, sans prétendre remplacer un suivi individualisé. Il tient compte de ce qui est connu à ce jour sur le parcours — et le dit clairement là où l'organisation n'a pas encore communiqué.
Ce que le profil change à la préparation
Le 80 km annonce environ 1 100 m de dénivelé positif, en traversant la forêt de Saint-Germain, le Domaine de Marly puis le Domaine National de Saint-Cloud avant de rejoindre l'ouest parisien. Rapporté à la distance, c'est un dénivelé relatif faible pour un ultra — largement moins que la plupart des trails de moyenne montagne sur un format comparable. Le terrain attendu est donc plutôt roulant et forestier.
Concrètement, cela change l'objectif de l'entraînement. Sur un trail montagneux, une bonne part du travail consiste à muscler la marche active en côte et la gestion technique des descentes. Ici, l'essentiel du parcours se court à allure soutenue : la priorité va au volume à allure modérée, à l'économie de course sur terrain roulant, et à la capacité à tenir une cadence stable pendant de longues heures — plus proche de la préparation d'un ultra roulant que de celle d'un trail alpin.
Cela ne dispense pas de travailler le renforcement musculaire ni la descente : le sous-bois francilien réserve des sections racineuses et parfois glissantes en octobre. Mais le curseur se déplace clairement vers l'endurance fondamentale et le foncier, plutôt que vers la puissance en côte.
Les grandes lignes d'un plan sur environ 12 semaines
De la mi-juillet au 17 octobre, il reste de l'ordre de trois mois pour construire ou consolider votre préparation. Un plan classique sur cette durée s'organise en trois ou quatre blocs : une phase de base pour installer le volume et l'endurance fondamentale, une phase spécifique où l'on rapproche les séances des exigences de la course (sorties longues, week-ends chocs, un peu de terrain vallonné), puis un affûtage de deux à trois semaines qui réduit le volume tout en maintenant un peu d'intensité.
La sortie longue hebdomadaire reste l'épine dorsale du plan, en particulier pour le 80 km, où elle est complétée régulièrement par un “week-end choc” : deux sorties consécutives sur deux jours pour habituer le corps à courir sur des jambes déjà fatiguées. À cela s'ajoutent deux à trois séances de qualité par semaine (allure spécifique, côtes courtes, ou séance au seuil), le reste du volume se faisant en endurance fondamentale.
Le tableau ci-dessous donne des ordres de grandeur indicatifs par distance. Ce sont des repères de construction, pas un plan clé en main : ils doivent être adaptés à votre historique d'entraînement, à votre âge d'entraînement en trail, et idéalement affinés avec un coach ou un préparateur si vous vous lancez sur le 80 km sans expérience d'ultra.
| Distance | Volume hebdo indicatif | Plus longue sortie | Séances / semaine |
|---|---|---|---|
| 20 km | de l'ordre de 30 à 40 km | 15 à 18 km | 3 à 4 |
| 50 km | de l'ordre de 50 à 65 km | 28 à 32 km | 4 |
| 80 km | de l'ordre de 70 à 90 km | 35 à 40 km (week-end choc) | 4 à 5 |
Un plan générique ne remplace pas l'écoute de votre corps : progressez par paliers, ménagez une semaine plus légère toutes les trois à quatre semaines, et n'augmentez jamais volume et intensité en même temps.
S'entraîner en Île-de-France : profitez du terrain local
L'avantage francilien pour ce type de course est réel : les forêts de Saint-Germain-en-Laye, de Marly, de Meudon ou, un peu plus loin, de Fontainebleau offrent un terrain très proche de ce qui vous attend le jour J — chemins forestiers roulants, quelques dévers, sous-bois. Multipliez les sorties sur ces massifs plutôt que sur le bitume dans les semaines qui précèdent la course.
À l'approche d'octobre, les jours raccourcissent nettement : intégrez une ou deux sorties nocturnes avec frontale dans votre plan, même si les horaires de départ de la course ne sont pas encore connus. Courir dans le noir demande un temps d'adaptation — repérage des appuis, gestion du faisceau lumineux, confiance dans la foulée — qu'il vaut mieux ne pas découvrir le jour de la course.
De la même manière, ne fuyez pas les sorties sous la pluie. Octobre en Île-de-France peut être humide, et le sous-bois détrempé change beaucoup la nature de l'appui. Ces sorties sont aussi l'occasion de tester votre équipement dans des conditions dégradées, plutôt que de le découvrir en course.
La répétition générale : tester son matériel avant le jour J
Chaussures, vest ou sac d'hydratation, nutrition : rien de tout cela ne doit être testé pour la première fois le jour de la course. Prévoyez plusieurs sorties longues, dans les semaines qui précèdent l'épreuve, en conditions aussi proches que possible de la course — même durée d'effort, même stratégie de ravitaillement, mêmes vêtements.
Pour vous aider à composer votre liste selon votre distance, consultez nos deux guides équipement dédiés à cette course : équipement pour le 80 km → et équipement pour le 50 km et le 20 km →. Vous y trouverez les recommandations adaptées à chaque format, en cohérence avec le profil roulant du parcours.
Suivre sa charge d'entraînement
Sur un plan de 12 semaines, une montre GPS aide à objectiver ce que vous ressentez : volume réellement couru, allure sur les sorties longues, fréquence cardiaque en endurance fondamentale. Rien d'indispensable, mais un repère utile pour éviter de trop en faire — ou pas assez — à l'approche d'un 80 km. Notre comparatif des montres GPS trail détaille les critères de choix selon votre pratique.
Liens affiliés : MatosTrail touche une commission, sans surcoût pour vous.
Rapport prix/autonomie
Coros Pace 3
Suivi complet
Garmin Forerunner 965
Polyvalence
Suunto Race
Les dernières semaines : affûtage et logistique
Dans les deux à trois semaines précédant le 17 octobre, réduisez progressivement le volume tout en gardant un peu d'intensité, pour arriver frais sans perdre vos sensations. Le sommeil devient un levier de performance à part entière sur cette période : privilégiez la régularité des horaires de coucher plutôt que les nuits de rattrapage de dernière minute.
Côté logistique, vérifiez dès maintenant que vous êtes en règle : une licence FFA 2026-2027 en cours de validité ou une attestation PPS (Parcours Prévention Santé) est obligatoire pour prendre le départ. Prévoyez également votre trajet le jour J — les sites de départ sont accessibles via le RER A, les navettes étant détaillées dans le roadbook officiel — et gardez un oeil sur ce roadbook et les horaires de départ dès que l'organisation les publiera : à la date de publication de cet article, ces éléments, tout comme le tracé GPX précis, les profils détaillés et les barrières horaires, n'ont pas encore été communiqués.
Pour aller plus loin sur la préparation générale d'un premier grand format, notre article sur la préparation d'un premier trail → complète utilement les repères donnés ici.